Facile, rapide et gratuit

Créez votre site maintenant

Je crée mon site

BIENVENUE !!

Ce site est consacré à la diffusion des enseignements du professeur Yéchayahou Leibovitz.

Y.LEIBOVITZ

PARACHA

 

BERECHIT : Vayichlah'

 

CHEMOT : Michpatim,

 

VAYIQRA : Tazri'a, Metsor'a, Ah'arei mot', Emor, Behar

 

BAMIDBAR : Bamidbar, Chelakh' Lekh'a

 

DEVARIM : Vaeth'anane,

 

 

Ci-dessous des traductions sur :

     1 - la paracha de la semaine

     2 - Chavouot

 

Communiquez-nous vos propres traductions, elles complèteront celles qui se trouvent déjà sur le site !                                           trad.israel@gmail.com

 

 

 

contact :

 

trad.israel@gmail.com

 

SEFER VAYIQRA

 

 

 

TAZRI'A

 

INTRODUCTION :

La fin de la sidra précédente, Chemini, légiférait sur la réalité biologique des animaux sauvages ou domestiques, sur celle des oiseaux, ainsi que sur leurs charognes qui rendent "impur". Tazria et Metsor'a s'occuppe en revanche de l'homme du point de vue de sa réalité biologique et matérielle, de son univers en tant qu'être de chair et de sang assouvissant ses besoins grâce au vêtement et à l'habitat, autrement dit grâce au tissage, au bois et à la pierre. S'y ajoute un passage sur les maladies et affections dermatologiques de l'être humain.

Ces sujets-là n'occupent pas seulement une grande place dans la réalité mais, comme nous l'avons déjà dit, une très forte proportion des 613 mitsvot traite des questions de pureté et d'impureté et d'aliments interdits, auxquels s'ajoutent les règles relatives à la naissance, au cycle féminin, aux écoulements, aux plaies, à la "lèpre" des hommes, puis celle des vêtements ou des bâtiments, ainsi qu'à l'impureté du "lépreux" suite à sa purification. Dans le monde de la halakha ces questions sont exprimées sous une forme, de fait, beaucoup plus énergique : la section "Pureté" (Taharot) de la michna, du point de vue de son étendue, est la plus longue des six sections (les autres étant : Semences, Temps, Femmes, Dommages, Saintetés / Zraïm, Mo'ed, Nachim, Neziqin, Qodchim). A ce stade, une question s'impose immédiatement : quel est le sens de cet ensemble de règles ?

Du point de vue de sa sensibilité naturelle et de son système de valeurs esthétiques, la lecture de Tazria et de Metsor'a sucite chez l'homme des réactions personnelles étranges, du fait que ce grand ensemble de plusieurs dizaines de mitsvot comprend une longue description de tous ces phénomènes, faits concrets de l'existence humaine dont la Torah multilplie l'examen.

 

LA MITSVA DE MILA

 

La sidra Tazri'a s'ouvre par un court passage de huit versets qui traite de l'existence humaine, de la conception et de la naissance de l'homme. Au sujet des prescriptions relatives à l'accouchée est mentionnée, comme en passant, la mitsva d'alliance de circoncision (brit-mila) qui s'impose à la naissance d'un petit garçon Juif, comme il est dit : "אישה כי תזריע וילדה זכר... וביום השמיני ימול בשר ערלתו" (Vayiqra 12,2-3). a priori la mitsva de mila avait déjà été donnée à notre patriarche Avraham plusieurs siècles avant le don de la Torah (Bér. 17,9) et jusqu'à notre époque il est admis et fort courant au sein du peuple juif de lier l'accomplissement de cette mitsva par laquelle nous introduisons tout premier né garçon au peuple d'Israël à cette alliance qui fut scellée avec notre patriarche Avraham, car cette alliance serait la sienne.

Or, il y a lieu de souligner que si l'on suit le raisonnement des plus grands penseurs de la halakha, cette mitsva de mila du livre de Berechit n'est pas celle qui oblige le peuple d'Israël, elle est celle que Avraham fut enjoint d'accomplir, tandis que la force de loi halakhique de cette mitsva qui engage l'assemblée d'Israël ne provient pas de ce que notre patriarche Avraham fut enjoint d'accomplir, son existence en tant que mitsva s'appuyant plutôt sur l'un des verset de cette sidra : וביום השמיני ימול בשר ערלתו

 (à suivre ...)

 

 

 

TSARA'AT HABAÏT

 

(...) 

 

Le Ramban dit : «Au sujet de l'altération des maisons, le verset a dit : « (…) Je ferai naître une

altération lépreuse dans une maison du pays que vous posséderez» (Lev.14,34) pour nous indiquer

que c'est, la main de Dieu qui accomplira cela et absolument pas la nature et il s'adressera Israël.

Autrement dit, la «lèpre» (tsara'at) ne fait pas partie des affections naturelles.

 

Le Sforno : il existe un autre type d'interprétation de l'altération des maisons, relative à l'histoire du peuple d'Israël, comme le souligne notre maître Ovadia Sforno qui s'inscrit dans la continuité du Midrach lorsqu'il remarque: «Au sujet de tout cela nos Sages disent dans la aggada qu'il y a là une allusion à la destruction du premier temple, à sa réparation (2è temple), puis à la destruction du deuxième temple et à sa purification dans la construction du troisième -qu'il soit construit rapidement, de nos jours.»

 

 

 

 

METSOR'A

 

INTRODUCTION :

Dans la sidra Metsor'a, qui suit Tazri'a, nous est présenté ce grand dispositif des mitsvot relatives à la pureté et à l'impureté qui, comme nous l'avons déjà dit, ne sont pas susceptibles d'être rationnalisées et dont la Torah parlent longuement. Nous avons déjà établi que la deuxième partie de Chemini ainsi que les deux sidrot Tazri'a et Metsor'a traitent des obligations propres au corps. Ni plus, ni moins. Non dans le sens juridique, halakh'ique et technique que comprend le concept d' "obligations du corps", selon lequel le sens de ce concept s'applique aux mitsvot qui touchent l'homme en tant qu'individu, par opposition aux institutions et autres organisations sociales, le peuple et l'Etat au sein desquels vit l'homme, mais il est question ici, véritablement, du corps de l'être humain : sa nourriture, sa boisson, sa sexualité et les manifestations de son corps se résumant à toute la souillure biologique de l'existence humaine. Nombreux sont ceux, parmi les Juifs engagés religieusement et plus encore parmi ceux qui cherchent à dénigrer le judaïsme, qui posèrent la question suivante : pourquoi cette grande attention envers toutes les questions de ordre alors que la sainteté et le fait de servir Dieu sont le principe essentiel de la Torah ?

 

LA "LEPRE" ET LA MEDISANCE

 

Sur le passage relatif aux affections dermatologiques, de très nombreuses paroles ont été dites, que ce soit par les commentateurs, le midrach, la agadah, voire même la halakha ou les livres de morale juive. Une opinion largement admise et répandue affirme que ces plaies, que la Torah évoque longuement et qu'elle nomme tsara'at, concept général, ne sont pas des maladies qui affectent l'homme comme tout autre cause agissant sur sa réalité biologique et naturelle conformément au cours habituel du monde, comme par exemple les maladies transmissibles par l'intermédiaire de microbes ou de virus et qu'aujourd'hui nous définissons et nommons 'causes patholgiques réelles' mais qu'elles parviennent à l'homme du fait de la providence, en tant qu'avertissement ou châtiment spécifique. L'opinion la plus admise est que la tsara'at résulte de diverses transgressions parmi lesquelles, en tout premier lieu, la médisance et le colportage qui compte parmi les fautes les plus courantes dans le quotidien des êtres humains et pas seulement celui des dévoyés qui transgressent délibérément les mitsvot de la Torah, car nombreux sont ceux qui y trébuchent par légereté, sans en percevoir la gravité ni mesurer la blessure personnelle causée par là-même à autrui.

L'association tsara'at-mauvaise langue est bien entendue tirée du passage relatif à la prophétesse Myriam rapporté dans le livre Bamidbar dans lequel il nous est raconté qu'elle parla dans le dos de notre maître Moché, en mal, "au sujet de la femme noire qu'il avait prise" (12,1), qu'elle fut punie pour cela par la tsara'at qui l'affecta sept jours durant.

L'idée d'un lien tsara'at-médisance est établi sur le mot Me-TSo-R'A, moitié abréviation et moitié sigle : Mo-TSi-chem-R'A (calomniateur).

 

 

 

 

AH'AREI MOT'

 

INTROCUCTION

Trois parties composent la sidra Ah'arei mot' : tout d'abord le service de Yom Kippour, que la Torah juxtapose à l'épisode de la mort des deux fils de Aharone rapporté dans la sidra Chemini ; en second lieu le grave interdit de consommer du sang ; quant à la troisième partie, elle traite des unions interdites.

Signalons que le passage rappelant la mort des deux fils de Aharone comme le passage relatifau service de Yom Kippour dans cette sidra sont ceux qui sont lus au cours de la prière du matin de Yom Kippour pour évoquer la teneur de ce jour. Il est en effet admis par la tradition que les deux fils de Aharone moururent le jour de Kippour.

Le passage de Ah'arei mot' relatif aux unions interdites est celui qui a été retenu pour la lecture de la Torah au cours de la prière de l'après midi de Yom Kippour.

Au fil des générations, beaucoup de choses ont déjà été dites sur ces passages au sujet desquels toutefois nul ne prétendra à l'exhaustivité. Aussi, pouvons nous nous permettre d'y ajouter nos propres réflexions, principalement à partir des enseignements transmis lors des dernières générations qui nous précédèrent.

 

De la proximité avec Dieu / Qirvat Elohim

Le récit de la mort des deux fils de Aharone revient à plusieurs reprises dans la Torah. Pour notre sidra Ah'arei mot' c'est dans le cadre du service de Yom Kippour. De ce sujet très longuement travaillé par la réfexion des maîtres du midrach et par les commentateurs nous avons déjà tenté de dire quelque chose dans notre entretien relatif à la sidra Chemini, propos que l'on pourrait compléter sans fin.

Ces deux fils ne sont pas mort pour s'être éloigné de Dieu, ni pour l'avoir nié, mais parce qu'ils aspiraient à la proximité de Dieu, comme l'indique le verset qui ouvre la sidra : וידבר ה' אל-משה אחרי מות שני בני אהרון בקרבתם לפני-ה' וימותו.

Par ailleurs, Assaf, poète de l'Eternel, conclu ses paroles, dans un chapitre consacré à la description de la problématique condition humaine dans le monde, par les mots : ואני, קרבת אלוהים לי טוב (Tehilim/Gloires 73,28). La question se pose donc immédiatement, comment ces deux passages peuvent-ils s'accorder, quand l'une des proximité débouche sur la mort de ceux qui y aspirent tandis qu'Assaf considère la « proximité avec Dieu » comme le bien suprême ?

La réponse à cette question tient au fait que bien que les deux fils de Aharone étaient animés de l'intention d'agir 'au nom du ciel', il s'approchèrent de leur propre fait / על דעת עצמם, sans comprendre qu'au nom du ciel signifie accomplir les mitsvot de la Torah telles qu'elles sont prescrites, sans donner libre cours à leurs pulsions religieuses.

Il était dit dans Chemini qu'ils étaient morts pour avoir introduit dans le michkan un « feu étranger qui ne leur avait pas été demandé » (10,1), dans ah'arei mot' il est dit, chose a priori effrayante, « en s'approchant de Dieu », expression que le midrach traduit comme suit : « ils se levèrent afin d'ajouter de l'amour à l'amour ».

La conclusion qui s'impose à partir du récit de cette tragédie plusieurs fois répété est que servir Dieu de son propre fait / מדעתו של אדם est une faute, la seule chose qu'Il agrée étant l'acceptation du joug de la Torah et des mitsvot.

Cette leçon peut nous servir dans de nombreux domaines de portée générale et d'actualité.

 

Juxtaposition de la mort des fils de Aharone au récit du service de Yom Kippour

De nombreux commentateurs et de nombreux penseurs, anciens ou nouveaux, se sont étonnés de la juxtaposition du service de Yom Kippour à la mort de Nadav et Avihou, fils de Aharone, comme si ce grand jour qu'est Yom Kippour ainsi que le service qui lui est associé n'étaient rien d'autre qu'une réaction à cet événement tragique et amèr.

Mais cette idée ne peut en aucun cas être retenue puisque Yom Kippour est mentionné dans la Torah bien avant le passage de la mort des fils de Aharone et dès l'élaboration du michkane dans le livre de Chémot (30,10), à propos de l'autel en or destiné à l'encens nous pouvons lire : וכִפר אהרון על קרנותיו אחת בשנה מִדם הכִפרים אחת בשנה), ce qui laisse en suspend la question de la juxtaposition de l'épisode Nadav et Avihou à celui du service de Yom Kippour qui continue à susciter énormément de réflexion.

 

Ohr Ha-H'aïm sur la mort des deux fils de Aharone

R' H'aïm Ben-Attar, grand homme de Torah du Maghreb, qui émigra du Maroc pour Jérusalem et rédigea son commentaire de la Torah, le « Ohr Ha-H'aïm », dit de la proximité à Dieu : « Apprends de là que cela dessert l'homme d'être si près de Dieu qu'il en vienne à passer la ligne à ne pas franchir et cherche à pénétrer la sainteté ».

Le maître veut nous dire que cette « ligne » consiste pour un homme à se soumettre au culte de Dieu en acceptant le joug du royaume des cieux et le joug de la Torah et des mitsvot - telle est l'expression traditionnele du culte de Dieu - à l'opposé de la conception de ceux qui se déchargent du dispositif prescrit, prétendant que le véritable culte de Dieu serait celui qui offre une expression à la flamme religieuse qui habite l'homme, comme l'écrivait si bien le Netsiv qu'il y a lieu de citer une nouvelle fois : « par la flamme enthousiaste de l'amour de Dieu ».

Un tel homme sera considéré par l'auteur du Ohr Ha-H'aïm comme « dépassant les bornes ».

Dans ce contexte, il convient d'indiquer que définir le service de Dieu, la 'avodat Hachem, comme un « feu étranger », ne s'applique pas aux seuls comportements issus d'un emballement religieux, cela concerne également celui qui considèrerait le culte de Dieu comme satisfaisant certains besoins profanes qui lui paraissent capitaux, tels que l'Etat, la Nation ou la liberté, etc., car dans de tels cas le service de Dieu devient l'outil ou l'instrument de la satisfaction de désirs humains et si l'on liait dans une même tresse la sainteté de Dieu, du peuple et de la terre, le monothéïsme se ferait trinité, ce qui ne serait rien d'autre qu'un avatar moderne de ce « feu étranger » dans les mains des deux cohanim frappés, les deux fils de Aharone.

 

 

 

QEDOCHIM

 

INTRODUCTION

La sidra Qedochim a toujours été perçue comme un passage porteur de la majorité des fondamentaux de la Torah et de fait, elle fait partie des cinq sidrot – sur 54 - qui contiennent le plus de mitsvot.

Pour un total de 613 mitsvot, on en comptera 51 dans cette sidra, dont certaines touchent à la relation de l'homme à Dieu et d'autres aux relations entre les hommes. Quant au concept de sainteté, central et fondamental dans la conscience religieuse, il n'ouvre pas seulement la sidra par cet appel « Soyez saints », mais s'y trouve répété à de nombreuses reprises.

 

DE L'INJONCTION «SOYEZ SAINTS»

Le concept de sainteté constitue l'un des éléments majeurs de la foi, du culte divin / avodat Hachem et de la conscience qu'a l'homme de son statut devant Dieu. Ainsi, Qedochim s'ouvre par cette formule et proclamation des plus festives : « Soyez saints » qui nous place devant le grand et puissant concept de sainteté, un des concepts spécifiques et réservés à la foi du fait qu'ils n'ont aucun autre sens en dehors de l'univers de la foi religieuse ; et si nous trouvions malgré tout certaines occurrences où il serait fait usage de ce concept en dehors du domaine de la foi, nous ferions face à une profanation de la sainteté.

Nous lisons en ouverture de Qedochim : קדושים תהיו כי קדוש אני ה' אלוהיכם et en conclusion : והייתן לי קדשים כי קדוש אני ה' \ כ,כו

Dans le même ordre d'idée, nous avions lu dans la sidra Chemini, suite aux mitsvot pratiques relatives aux règles portant sur les interdits alimentaires ou sur la pureté et l'impureté, un verset qui concluait : והתקדשתם והייתם קדושים כי קדוש אני. En cette matière, le croyant a besoin – peut être y est-il obligé – d'examiner précisément ces versets qui reviennent et de faire face comme il se doit à ce concept de sainteté. Il existe toujours le risque et le danger de se tromper quant à la signification de ces versets et toute erreur est susceptible de mener aux conséquences les plus graves en ce qui concerne la foi ou la conception générale qu'un homme se fait de la religion.

 

LE NETSIV DE VOLHOZIN, l'un des plus grands commentateurs récents, fait à ce sujet une remarque intéressant. L'expression « Parle à l'assemblée des Bnei Israël » revient de nombreuses fois dans la Torah, tandis que nous trouvons dans Qedochim une tournure particulière (19,2): « Parle à toute l'assemblée des Bnei Israël ». l'explication qu'il donne de ce passage ne donne certainement pas le sens premier du verset mais l'idée même qu'elle renferme mérite notre attention. Il interprète « à toute » comme suit : « à tout un chacun » / אל כל אחד ואחד מישראל, autrement dit, non à l'assemblée en tant que collectif mais à chacun de ceux dont ce collectif est formé.

Le Netsiv veut nous dire par ces mots que ce qui est dit ici à l'assemblée d'Israël (« Soyez saints »), change complètement en fonction de chaque être humain, selon sa grandeur, sa nature, ses capacités, son degré de compréhension et sa façon d'appréhender les choses. Les mitsvot pratiques sont certes les mêmes pour tous, petit ou grand, vieux ou jeune, sage ou ignorant, etc, mais la complexe notion de « sainteté » n'est pas généralisable et chacun doit y tendre en fonction des capacités et potentialités qui lui sont propres.

 

LE RAV H'AÏM BEN-ATTAR, auteur du Ohr Ha-H'aïm, compte lui aussi parmi les commentateurs de la Torah les plus récents. Il connaît tous ses prédécesseurs et inutile de préciser qu'il connaît toutes les sources talmudiques, midrachiques qui ont précédées les commentaires professionnels de la Torah. Il dit de ce sujet : « Soyez saints (littéralement Vous serez saints) - c'est un futur qui signifie que cette mitsva ne connaît pas d'interruption. »

 

 

 

EMOR

 

Le Netsiv sur «Ils seront saints pour leur Dieu»

Le Netsiv s'étend sur la notion générale de sainteté en soulignant que la signification de ce concept n'est autre que «mobilisation exclusive de l'homme au service du Ciel» / התיחד האדם לשם שמים, aucune sainteté n'existant de façon immanente chez l'être humain. Quant à la vocation de sanctification propre aux cohanim il est dit : «Ils seront saints pour leur Dieu» (21,6) : il conviendrait que cette sainteté trouve une expression dans le comportement des cohanim, non qu'elle fasse partie d'une hypothétique nature singulière des cohanim. Le Netsiv, qui vécut environ trois générations avant nous, dit à ce propos des choses d'une grande portée vis-à-vis des hommes qui représentent dans une certaine mesure la Torah, comme vis-à-vis de leur statut au sein de la collectivité : «La sainteté c'est se séparer au nom du Ciel des autres hommes, partout où un tel comportement engendre la sanctification du Nom ; il s'agit donc de se distinguer par la qualité des traits de caractère, par la discrétion ou toute autre attribut du même ordre mais non d'être différent des autres au moyen d'une chose qui ne sanctifie pas le Nom : cela ne serait rien d'autre que de l'orgeuil et de la prétention.

 

 

 

BEHAR

 

(...)

Il y a un autre sujet dans cette sidra, celui du serviteur, hébreu ou cananéen. La législation qu'y s'y rapporte, ici incluse, constitue une vaste introduction pour cette problématique – grande, grave et extrêmement fondamentale – que pourrait constituer dans les lois de la Torah l'éventuelle discrimination entre Juif et Non-juif. Jusqu'où irait cette discrimination, sur quoi serait-elle fondée, comment pourrait-on la justifier et quelle en serait la signification dans notre réalité actuelle ?

Nous lisons dans la sidra de Behar (25, 39-40) :כי ימוך אחיך עמך ונמכר לך לא תעבד בו עבדת עבד... עד שנת היבל יעבד עמך, où il est question de l'esclave hébreu affranchi dès la septième année, année sabbatique pour la terre.

Signalons que le terme évèd /serviteur a plusieurs acceptions dans l'Écriture, pas forcément dépréciatives. Il est ainsi dit de notre maître Moïse, le plus humble des hommes, qu'il fut évèd-Hachem /serviteur de Dieu (deut 34,8).

Dans le même ordre d'idée, le terme chifh'a /servante que l'étymologie rapproche de sipouah' /annexion/association et de michpah'a /famille.

Sans pouvoir nous étendre sur le thème de législation propre à l'esclavage et aux droits du serviteur hébreu, nous rappellerons toutefois simplement un édifiant enseignement de nos Sages relatif à cette immense problématique. Les Sages nous disent effectivement à ce sujet : «Quiconque acquiert un serviteur acquiert un maître pour lui-même» (Qiddouchin 22a). Il nous faut par ailleurs plus que tout prêter attention à la grande conclusion qui ferme la parachat Behar : כי לי בני ישראל עבדים, עבדי הם אשר הוצאתי אותם מארץ מצרים אני ה' אלהיכם.

 

ESCLAVAGE : LE PROPHETE JEREMIE // ABRAHAM LINCOLN

 

D'un point de vue historique, rien n'est plus instructif que de présenter face à face deux documents traitant de l'esclavage ou plus exactement de l'abolition de l'esclavage. Le premier est le chapitre 34 du livre de Jérémie (à partir du verset 8) se rapportant directement aux versets de la sidra Behar sur cette question et le second trouve son expression dans les paroles du grand combattant pour les droits de l'homme et libérateur des Noirs aux États-Unis d'Amérique – le président Abraham Lincoln.

 

La prophétie de Jérémie relative à la transgression par le peuple juif de la mitsva d'affranchir les serviteurs à la septième année est l'une des plus dures des prophètes de la destruction. En raison de cette transgression le prophète annonce au roi, à la ville, au pays et au peuple, une destruction totale, un écroulement qui frôle l'anéantissement et la question qui se pose est donc la suivante : pourquoi tant de haine ?

Tout au long de cette dure prophétie, pas un seul mot n'est dit des serviteurs eux-mêmes ni même d'une quelconque atteinte à leurs droits. Toutes ces terribles paroles implacables visent la trahison de l'alliance entre Israël et son Dieu.

Israël est le peuple de son Dieu, dans la mesure où il accepte les obligations de l'alliance dont l'affranchissement et la libération des esclaves lors de l'année sabbatique constitue l'un des fondamentaux. Partant, le prophète Jérémie ne lutte pas en faveur des droits de l'homme, ceux-ci n'étant à ses yeux qu'accessoires en regard de la trahison de l'alliance avec Dieu puisqu'ils ne sont rien d'autre qu'un alinéa que cette alliance impose.

 

En revanche, lorsque le président américain Abraham Lincoln qui avait mené une guerre civile, dure, cruelle et sanglante pour la libération des esclaves tenta d'expliquer à son peuple le sens de l'immense douleur ainsi que les lourdes pertes qui furent infligées à ce peuple ayant combattu dans cette guerre ô combien justifiée et pour une si noble cause - et comment rendre compte de la douleur de ces justes combattants qui exposèrent en nombre leurs vies à la mort – jugea à propos de citer un verset de l'Écriture qui énonce (Téléfilm 19,10) : משפטי ה' אמת צדקו יחדיו. Il expliquait dans la suite de son allocution en quoi les jugements de Dieu, tous ensembles, étaient justes.

Cette éminente valeur, la libération des esclaves, qui est aussi le bien suprême, fut lié au sang versé par de nombreux combattants américains, sanctionnés pour avoir abusé pendant deux cents ans des droits de l'homme des esclaves noirs, mais les 'jugements de Dieu' furent tous ensembles «justes» en ceci qu'ils châtièrent en proportion exacte des crimes commis.

 

 

 

 

SEFER BERECHIT

 

 

VAYICHLAH'

 

Cadeau, prière, et guerre

Après ces vingt ans d'éloignement pour les deux frères, il apparaît qu'Essav a entre temps prospéré à Har Séïr, son nouveau lieu de résidence. Toutefois, apprenant le retour Yaaqov au pays, il mène 400 hommes à sa rencontre.

Certes, les années passant, Essav a sans doute écarté de son esprit de ce qui s'était passé entre Yaaqov et lui alors qu'ils étaient jeunes. D'un autre côté en revanche, Yaaqov ne peut oublier le forfait qu'il a infligé à son frère et c'est la raison pour laquelle bien qu'il soit en mesure de combattre avec Dieu et les hommes il est ici incapable de relever la tête devant son frère et de se défendre de lui en cas d'attaque.

A l'opposé de cet enseignement de nos Sages selon lequel en approchant Essav Yaaqov se serait préparé à trois choses - « cadeau, prière et guerre » - Rachi, rapportant cet enseignement, y ajoute : « Dans le sens simple des versets on ne trouve que les deux premiers éléments » ; au contraire, les paroles même de Yaaqov laissent entendre que si Essav l'avait attaqué, Yaaqov n'aurait cherché qu'à sauver ce qu'il était possible de sauver, ainsi qu'il est dit : « Si Essav venait vers l'un des camps et le frappait, le camp restant serait rescapé » (32,8). Yaaqov craint énormément l'éventualité de ne pas mériter la protection divine qui lui a été garantie à deux reprises et de ne pas être sauvé - pour le dire dans les termes de nos Sages : « De peur que la faute ne porte à conséquence / chéma yigrom hah'èt ».

 

Yaaqov eut très peur et il eut mal

A l'approche de cette grande rencontre avec Essav, nous apprenons d'un verset ce qui ce produisait au plus profond de Yaaqov et de ses sentiments : « Yaaqov eut très peur et il eut mal » (32,7). les maîtres du midrach relèvent cet apparent redoublement de langage du verset, « il eut peur... et mal », et Rachi le rapporte d'ailleurs. Toutefois, le midrach n'y voit pas une répétition et s'explique en toute simplicité : « Il eut peur » - de l'éventualité d'être tué, « il eut mal » - devant l'éventualité de tuer ; autrement dit, peut-être allait-il inévitablement devoir s'opposer à Essav pour se défendre, défendre femmes et enfants et par conséquent tuer Essav, son frère.

Certes, dans un cas pareil, c'est un homme qui veut l'éliminer qu'il est susceptible de tuer. Cependant, Yaaqov se retrouverait alors dans la situation de celui qui ajoute une faute à son crime tant il garde en lui un sentiment de culpabilité lancinant depuis vingt ans, or dans un tel état d'esprit, un homme perd le minimu d'audace requis pour défendre sa vie menacée et tuer son frère.

 

 

 

 

Chimone et Lévi

 

Plusieurs décennies après "l'affaire Dina et Sichem"1et bien qu'il vive les derniers instants de sa vie, Jacob n'oublie pas la vengeance exercée par ses deux fils Chimone et Lévi, frères de Dina, à l'encontre des habitants de Sichem, et la chose ne leur est pas pardonnée.

A la fin de sa vie, sur le point de mourir, il rassemble tous ses fils autour de son lit de mort, en leur présence il punit ces deux fils pour la faute de Sichem et trouve juste de les maudire en prononçant à leur encontre les durs propos suivants : "(…) Leurs armes sont des instruments de violence (klé h'amas). Ne t'associe pas à leurs desseins, mon âme ! Mon honneur, ne sois pas complice de leur alliance ! (…) Maudite soit leur colère quand elle est puissante et leur indignation quand elle est dure."2

שִׁמְעוֹן וְלֵוִי אַחִים כְּלֵי חָמָס מְכֵרֹתֵיהֶם: בְּסֹדָם אַל-תָּבֹא נַפְשִׁי בִּקְהָלָם אַל-תֵּחַד כְּבֹדִי ...: אָרוּר אַפָּם כִּי עָז וְעֶבְרָתָם כִּי קָשָׁתָה...

Même si, a posteriori, les conséquences désastreuses que redoutait Jacob suite à cette large tuerie réalisée par ces deux frères ne se sont pas réalisées et bien que la Torah elle-même conclue cet épisode par les paroles virulentes qu'elle place dans la bouche de Chimone et Lévi : "Devait-on traiter notre sœur comme une prostituée ?"3, mots qui semblent justifier la vengeance exercée, Jacob - désormais Israël- ne leur pardonne pas cet acte, bien qu'il soit possible de lui trouver une légitimité dans la bouche de ceux qui l'ont accompli.

Cela signifie qu'il existe une justice à laquelle l'homme n'a pas le droit de recourir.

Ces deux tribus furent maudites car elles accomplirent un acte auquel il est certes possible de trouver quelque légitimité, nous l'avons dit, mais qui reste malgré tout qualifié de meurtre qu'il était possible d'éviter et qui ne s'imposait pas.

 

 

 

 

1 Berechit, chap 34. Dina est violée par un habitant de Sichem, שכם en hébreu, fils du chef local à la tête du peuple Hittite. En représailles, Chimone et Lévi passeront les hommes de la ville au fil de l'épée après leur avoir fait miroiter une alliance entre Juifs et Hittite en vue de laquelle ces derniers devaient se circoncire. "Or, le troisième jour [après la fameuse circoncision], comme ils étaient souffrants, deux des fils de Jacob, Chimone et Lévi, frères de Dina, prirent chacun leur épée, marchèrent sur la ville avec assurance, et tuèrent tous les mâles." (34,25).

2 49,5-7

3 34,31

 

 

 

 

CHEMOT 

 

 

MICHPATIM

 

DE LA LEGITIMITE DE LA TORAH ORALE

SELON LE KTSOT HA-K'HOCHEN

 

L'un des grands décisionnaires récents, référence dont les décisions juridiques propres à la Torah (דיני תורה) font encore autorité de nos jours, le rav Arié Leb ben Yossef Hacohen (1745-1843), auteur du קצות החושן sur le טור חושן משפט du שולחן ערוך lequel condense la halakha façonnée avant lui et sert de base à tous les tribunaux rabbiniques dans leur prise de décision halakhique jusqu'à la période actuelle, pose la grande question suivante : comment pouvons nous en tant qu'hommes nous conférer nous-mêmes l'autorité de trancher halakhiquement des problèmes juridiques propres à la Torah quand nous ne sommes pas en mesure de nous appuyer clairement sur les termes de la Torah ?

Il s'étend longuement sur la question de la légitimité des décisionnaires du peuple juif à prendre des décisions en fonction de leur propre compréhension de la Torah. Il reprend l'enseignement de nos Sages relatif au verset : כי על פי הדברים האלה כרתי אתך ברית ואת ישראל (Chemot 34,27) ; d'après le rav על פי הדברים האלה désigne la Torah orale : il n'est en effet pas dit על פי התורה ni על פי הכתוב בספר הזה.

 

Le rav ajoute : « Il est dit dans le chass que la « Torah est majoritairement orale et minoritairement écrite, ainsi qu'il est dit : «Lui mettrai-je par écrit la plupart des nombreux principes de mon enseignement ? Ils seraient considérés par lui comme [venant] d'un étranger» (Hochéa 8,12). En effet, si la majorité de la Torah était écrite par Dieu, nous la considérerions comme étrangère, car comment l'intellect humain pourrait-il saisir la Torah de Dieu ? (…) En revanche, la Torah orale nous appartient. » D'après le sens premier du verset, Dieu a écrit la Torah pour le peuple d'Israël et l'expression «la plupart des nombreux principes de mon enseignement / roubei torati » désigne les nombreuses mitsvot que le peuple juif n'accomplit pas, les considérant «comme [venant] d'un étranger».

Ces paroles d'Hochéa constituent bien évidemment une réprimande sévère à l'encontre d'Israël. Le commentaire que rapporte le rav est toutefois d'une toute autre nature, en d'autres termes : si Dieu avait mis à l'écrit la plupart de sa Torah et de ses mitsvot, celles-ci auraient été considérées par les Juifs «comme étrangères» du fait de leur origine divine que l'intellect humain n'est en mesure ni d'intégrer ni de comprendre, tandis que la Torah orale tranche d'après l'intelligence et la compréhension humaines, raison pour laquelle il nous est d'ailleurs possible de vivre selon son propos.

Le rav ajoute encore : « Toutefois la Torah n'a pas été donnée aux serviteurs célestes, c'est bien plutôt à l'homme, pourvu d'une intelligence humaine, qu'elle a été donnée, et haqadoch baroukh hou nous a donné la Torah dans sa grande tendresse et son immense générosité, selon la capacité de l'intellect humain à trancher, même s'il est loin de la vérité comparé aux intellects séparés, pourvu qu'il dise vrai du point de vue de l'intellect humain. L'intellect d'un homme chercherait en effet en vain à atteindre la vérité ; et telle est la volonté d'haqadoch baroukh hou : que la vérité résulte de l'accord des Sages étudiant la Torah au moyen de l'intellect humain. Cela correspond à la bénédiction de la Torah : « qui nous a donné un enseignement de vérité / אשר נתן לנו תורת אמת » que la vérité soit avec nous. Et s'il te venait à l'esprit de dire que dans le cas où nous ne serions pas dans le vrai il en résulterait – à Dieu ne plaise – un préjudice, « et qui a implanté parmi nous la vie éternelle / וחיי עולם נטע בתוכנו ».

 

« L'intellect d'un homme chercherait en vain à atteindre la vérité », or la Torah divine est vérité et notre intellect humain n'est pas en mesure de l'atteindre. En revanche, la Torah orale est toute entière oeuvre humaine, fruit de décisions d'êtres humains. Ainsi, lorsque nous ouvrons la guemara, nous n'y trouvons aucune formule du style : « la sainte présence divine a dit » mais plutôt : « Rava a dit, etc. », et ce sont là tous des Juifs de chair et de sang -comme tout être humain- qui n'ont jamais envisagé que l'esprit saint s'exprimait par leur voix. Ils étaient en revanche conscients de leur légitimité, voire de leur obligation à se prononcer quant aux paroles de la Torah en fonction de leur propre compréhension et conséquemment à leur intention d'accomplir la Torah, bien qu'il soit absolument probable qu'ils commentent des erreurs au cours de leur réflexion.

Le rav emploie ici un terme propre à la philosophie ainsi qu'à la thélogie du Moyen-Âge : « même s'il est loin de la vérité comparé aux intellects séparés ». Cette expression désigne les anges, lesquels sont dotés d'un intellect, mais ce dernier n'étant pas lié à la matière ils peuvent accéder à la pure vérité, tandis que les hommes disposent d'un l'intellect lié à la matière et limité. Haqadoch baroukh hou a fait descendre la Torah du ciel afin qu'elle soit accomplie par des voies humaines « car comment l'intellect humain pourrait-il saisir la Torah de Dieu ? (…) En revanche, la Torah orale nous appartient. »

Y.Leibovitz

 

*

 

 

BAMIDBAR (en cours de rédaction...)

Les Léviim remplacent les fils ainés.

 

Il est connu qu'initialement les fils ainés étaient voués à la grande charge d'être consacrés au service dans le michkane, comme l'indique le verset : Va-ani, hiné laqah'ti èt ha-Léviim mitokh' benei Israël tah'at kol békh'ot   (3,12-13)

 

(...) A ce stade, deux questions se posent : ces versets signifient-ils vraiment un soi-disant changement de projet dans l'emploi du temps du Nom - qu'il soit source de bénédiction ? A priori c'est véritablement ce qui semble ressortir des termes des versets mais reste inenvisageable d'un point de vue théologique.

Le second problème se pose dans les derniers termes du passage traitant de la nomination des Léviim,

 

 

 

CHELAKH' LEKH'A

 

Au sujet des treize midot (traits de caractères attribués au Nom), nous lisons dans Chelakh' Lekh'a : « Le Nom est Lent à la Colère, Large de Générosité, il Supporte Faute et Crime, etc... (Bamidbar 14,18), nous rappelons que ces treize midot furent évoquées pour la première fois dans le passage des secondes tables [de la Loi] qui firent suite à l'épisode du veau d'or, après lesquelles il était immédiatement dit : « Aussitôt Moché s'inclinait jusqu'à terre et se prosternait » (Chemot 34,8).

A ce sujet, nous trouvons dans la guemara de Sanhédrin, au chapitre H'élèq, la question suivante : pourquoi donc Moché s'est-il empressé de s'incliner et de se prosterner ?!

En d'autres termes, nous pourrions demander quel fut, parmi ces treize midot, le mot-clef qui conduisit Moché a adopter un tel comportement ?

La guemara répond ainsi : « R' H'anina ben Gamliel dit : Il [Moché] a vu 'Lent à la colère' ; les Sages dirent : Il a vu 'Vrai'.

En fait, ces deux notions, « Lent à la Colère » et « Vrai », qui sont mentionnées dans les treize midot, sont radicalement contraires. Le principe de la vérité impose en effet que « le jugement perce la montagne », tandis que « Lent à la Colère » comporte un certain renoncement à la vérité au profit du fauteur.

Par la suite, deux raisonnements seront développés sous nos yeux, ainsi que deux argumentaires différents pour ces deux approches, le tout par l'intermédiaire d'un récit aggadique très lourd de sens :

« Un enseignement appuie celui qui a dit que Moché a vu « Lent à la Colère » ; Il a dit : 'Maître du monde, Lent à la Colère, est-ce pour les Justes ?'. Le Nom lui répondit : 'Même pour les injustes' ; Moché reprit : 'Les injustes seront perdus'. Dans l'approche midrachique, Moché représente toujours le principe selon lequel 'Le jugement perce la montagne' et demande par conséquent pour quelle raison le Nom serait-il lent à la colère envers les injustes, qui devraient plutôt disparaître du monde. Le Nom lui dit : 'Ce que tu viens de voir maintenant n'est autre que ton besoin' ; autrement dit, tu verras bien que tu auras toi-même recours à « Lent à la Colère » sur ce mode là de 'même pour les injustes' dont Je te parle. Et le midrach poursuit : « Lorsqu'Israël fit le veau d'or, puis lors de l'envoi des explorateurs, Moché priait devant Dieu qui lui dit :

« Moché, ne me disais-tu pas 'Lent à la Colère pour les justes' ?

- Maître du monde, Lui répondit-il, ne m'as-Tu pas répondu 'pour les injustes aussi ?' »

 

Aussitôt : « Et maintenant, que la force du Nom grandisse, comme Tu le disais », « comme Tu le disais » et pas comme je le disais moi, homme mortel, de chair et de sang, ver et vermine, incapable de saisir la signification profonde du h'essed (générosité), si ce n'est sur le mode du « Lent à la Colère, uniquement pour les justes ».

 

 

 

 

DEVARIM

 

VAETH'ANANE

 

Le rav Shakh' s'adresse à la maison d'Israël

Avant d'aborder la paracha du chem'a, la première du qriat chem'a, je voudrais citer une phrase extraite des mots du roch yéchiva de Poniovitz, le rav Shakh', l'un des grands de la Torah aujourd'hui.

Bien que nos idées et orientations soient très éloignées, il y a lieu de reprendre ce qu'il dit de la terrible réalité dans laquelle nous vivons, cette réalité que de faux prophètes contemporains considèrent comme ce qu'ils qualifient de « débuts de la rédemption / ath'alta digueoula».

Ces propos diffusés dans la presse écrite, à la radio et à la télévision, furent prononcés publiquement il y a peu (5742) par le rav, au vu et su de toute la maison d'Israël, dans l'Etat d'Israël, en réponse à plusieurs interlocuteurs sur le thème de la délivrance et du retour à la religion à l'oeuvre de nos jours. De notre génération le rav dit : « Il s'agit d'une génération dans laquelle des myriades et des centaines de milliers de Juifs ne connaissent pas, n'ont pas entendu, voire n'ont jamais  prononcé de leur vie « Chém'a Israël ».

 

 

 

(à suivre...)

 

CHAVOUOT :

Interrogé sur la signification des récits "historiques" exposés dans la Torah (création du monde, vie des patriarches, don de la Torah, etc...) Leibovitz répond :

 

"Un homme qui prend au sérieux ce qui est écrit dans la Torah ne peut sincèrement penser que la Présence divine est descendue sur le mont Sinaï (quel que soit le sens donné à ce concept) pour enseigner aux hommes un chapitre de physique, de chimie, de biologie ou d'astronomie. Ce chapitre de physique ou de chimie, c'est moi qui l'enseigne à mes étudiants... et je n'ai rien de divin ! Je n'attends nullement de la Torah qu'elle me transmette une quelconque information. En revanche, je sais que la Torah exige de moi quelque chose..., et qu'elle ne me prodigue rien du tout."

Cet extrait d'un entretien télévisé consacré à la fête de Chavouot ne figure ni dans sa retranscriotion hébraïque ni dans sa traduction française ("Les fêtes juives, Editions du Cerf, p138-142) mais on peut l'entendre sur le film de l'émission dont les dialogues sont retranscrits dans ces deux livres, à la mn 19"45. Il est délicat d'entendre ce que Y.L dit rapidement et à voix basse à ce moment là de la discussion, d'où sans doute la difficulté à retranscrire correctement cette phrase.

Pour voir cette émission en hébreu : http://www.flix.co.il/tapuz/showVideo.asp?m=929988